Connaissez-vous la parabole du hérisson ? Si non, asseyez-vous bien tranquillement, je vais vous raconter une jolie mais triste petite histoire.

Il était une fois un groupe de hérissons qui avaient froid, lors d’une nuit glaciale. Comme ils n’avaient nul autre moyen de se réchauffer que de se rapprocher, les voilà qui commencent à se blottir les uns contre les autres. Malheureusement, ce qui devait arriver arrive : leurs épines les blessent, et ils reculent spontanément. Cela n’empêche pas le froid de revenir, et face à la fatalité, ils comprennent que la seule chose à faire est encore de se rapprocher, quitte à avoir de nouveau mal pour s’éloigner encore. Et ainsi de suite. Cette histoire n’est en vérité pas vraie pour les hérissons : elle est vraie pour les humains.

En effet, ce concept nous vient du philosophe allemand Schopenhauer, qui explique que les hérissons frigorifiés tentent de trouver la distance optimale entre chacun d’eux afin de réduire au minimum la douleur tout en recueillant au maximum la chaleur. La métaphore est claire : s’ils se rapprochent des autres et s’ouvrent à eux, les humains risquent forcément de souffrir, mais, à côté de cela, ils recevront une forte affection, une forte chaleur. A contrario, en maintenant des relations distanciées, ils éviteront les déceptions mais seront gagnés par la solitude. Pour être honnête, je ne connais pas l’oeuvre d’où cette théorie est originaire, mais je connais un exemple célèbre de sa présence dans la pop culture : Neon Genesis Evangelion.

Dans cette série d’animation japonaise culte, le personnage de Shinji Ikari se trouve en plein dans ce dilemme. Comment dois-je me comporter avec les autres ? Dois-je être froid ou chaleureux ? Et eux, que me donnent-ils ? Cette série est très connue pour les questionnements psychologiques qui la parsèment, et nombre de ses fans ne sont pas ressortis indemnes de sa vision. A travers une histoire de robots géants et d’ennemis voulant détruire la terre, c’est dans le cerveau et le coeur d’une poignée d’hommes que nous nous retrouvons pour trouver un sens à l’existence et à l’existence avec les autres. Sans vouloir trop en dire, la conclusion de la série est porteuse d’un message d’espoir pour une humanité qui semble sombrer dans l’individualisme et la solitude. Cependant, nombre de gens n’ont pas l’air de comprendre que se sortir de cet état est à portée de leurs mains, pour peu qu’ils veuillent en faire l’effort. Après tout, nous sommes dans un monde où l’on glorifie les chiffres : l’économie, la productivité, la fortune, semblent plus intéressants que la richesse d’un coeur et d’un esprit, aussi imprévisibles puissent-ils être. Toutes les personnes mal intentionnées qui souhaitent contrôler une population le savent : les mots, les textes, les chants, les livres, mais aussi, l’échange, la solidarité, sont des armes qui peuvent contrer n’importe quelles manipulations. Uni, le peuple est prêt à résister : divisé, il s’entretuera sans que l’on ait rien à faire. Le salut de l’homme ne se trouve sûrement pas dans la bourse, mais dans la connaissance qu’il peut avoir de lui-même, et dans sa capacité à s’émouvoir et à se donner. Alors qu’on parle sans arrêt de placement à risque, plus personne n’en prend quand il s’agit de s’ouvrir à l’autre. Trop peur de souffrir, trop de timidité, trop peur de ne pas être à la hauteur, ou d’être incompris. Sans souffrance, on croit arriver à la plénitude, sauf qu’on n’a pas non plus le bonheur. On a rien. Juste un tas de chair qui se tarit dans la poitrine, faute de pouvoir s’exprimer. Une vie horizontale, sans vagues, sans haut, ni bas, juste rien. Pour ma part, j’ai choisi mon camp : je préfère rire un jour et pleurer ensuite, mais je n’ai pas l’un sans l’autre. Je préfère aimer quitte à ne plus l’être un jour. Je préfère ressentir plutôt que compter. J’aimerai que les gens comprennent, mais même une démonstration aussi claire qu’Evangelion ne suffit parfois pas. Si la série n’a pas mené tous ses fans vers l’épanouissement, c’est qu’il y a un problème. Lequel ? Je ne sais pas. Il y en a même sûrement de nombreux. Cependant, à part faire part de mes impressions ici, je ne peux rien faire. Il y a un temps pour écouter l’autre, et un temps pour faire sa vie. J’ai cru pouvoir changer les gens, avant ; finalement, je ne pense plus cela possible. L’envie doit venir d’eux-mêmes. Sinon, rien n’aboutira jamais.

La bande-originale de la série contient un morceau justement nommé Hedgehog’s Dilemma. Ecoutez-le en lisant : il donnera à l’article cette teinte toute particulière qu’ont les scènes où il est utilisé. Cette teinte à mi-chemin entre la mélancolie et l’espoir ; cette teinte entre la douleur et la chaleur. On en revient toujours aux hérissons…

Hedgehog’s Dilemma

Vous connaissez Archive.org ? C’est ce site qui vient vous rappeler à chaque visite combien vous avez écrit et publié de conneries depuis qu’on vous a laissé l’accès libre à un ordinateur. Enfin, je suis méchant car j’avoue que cela m’amuse beaucoup même si j’ai parfois un peu honte, et que dans le lot, de très bons souvenirs surviennent. Je suis apparu sur Internet en Août 2000, sur les forums de jeuxvideo.com. J’ai très vite compris qu’on pouvait s’occuper de longues heures à discuter et poster des pavés au lieu de faire des choses plus importantes. C’est pour cette raison qu’en Décembre 2000, j’apparaissais dans un très bon topic de réflexion sur l’industrie du jeu vidéo en général, en racontant des trucs moins intéressants que la moyenne certes (bon j’avais 12 ans), mais, comme vous pouvez le remarquer, sans SMS, avec peu de fautes, des phrases qui ont un début et une fin, etc. Mon premier pseudo : Waffle Ryebread, en référence au personnage principal du mignon jeu de plate-forme de Bandaï, Tail Concerto. Je postais même mes propres topics qui appelaient à l’amour entre machines au milieu de tout ce flood guerrier à la con de fanboys lobotomisés. Je postais assez souvent sur le forum bla-bla (désormais divisé par âges, ce qui fait que je ne sais pas si les archives ont été conservées), et dans les forums des consoles. La suite logique pour de nombreux internautes est bien entendu de créer son site. Ce que j’ai fait.

En Avril 2001, la chose était prête, enfin, en tous cas, en ligne, ce qui n’est pas forcément la même chose. Passons sur le nom qui n’a aucun sens pour étudier le contenu : des jeux vidéo et de la musique. J’aurai aimé relire ce qui se trouvait dans la rubrique Tests, mais les pages ne doivent pas être sauvegardées. Vous remarquerez aussi que les tests que j’écrivais à force de trop écouter Skyrock sont eux aussi inaccessibles, tant mieux. Ce qu’on peut dire, en tous cas, et qui crève bien les yeux, c’est que c’est moche, j’ai du faire ça avec Microsoft Front Page, c’est dire la lose. L’avantage, c’est que mon public n’était ni plus vieux ni plus exigeant que moi, on était tous une bande de collégiens qui faisaient mumuse avec des ordis, et on balançait des pages sans trop réfléchir à ce qu’on mettait dedans et à leurs qualités esthétiques. Pour le fun, voici cette page qui marche encore, avec notre description de l’époque, notre parce qu’un pote m’aidait pour le site (même si je ne me souviens pas vraiment qu’on ait un jour mis quoi que ce soit). C’est moi en premier et lui ensuite. Comme vous le voyez, à 13 ans, j’écris déjà que j’aime Tout ce qui est Japonais (y compris les écolières en petite te…), ça ne s’invente pas. On se demande pourquoi je suis devenu ce que je suis aujourd’hui ! Je redécouvre un surnom oublié au passage (Lukachu), et je me rends compte que tout ça, c’est quand même énormément de choses oubliées justement, j’ai presque l’impression d’écrire un article sur une autre personne tellement tout ça est loin. Oui, je suis jeune, et je commence déjà à dire ça, ça fait peur…
Après ce coup d’essai, j’ai découvert les forums Ezboard dont je parle déjà en long et en large ici. Passons plutôt au deuxième site : Melodies of Life, hébergé sur le défunt Babeloueb, site qui proposait de l’espace disque gratuit pour les webmasters amateurs de jeux vidéo. Le titre vient évidemment de la chanson de Final Fantasy IX. On est en Juin 2001, et la chose parlait donc de jeux, mais à part un test dudit Final Fantasy, je ne me souviens absolument pas de ce que j’ai pu y mettre. Maintenant, il n’y a rien d’autre à voir que cette page, le contenu du site est donc perdu à jamais. Pour l’anecdote, il apparaissait dans la liste des sites qui avaient accepté de relayer la pétition du magazine Gameplay RPG, pour la sortie des OST de Squaresoft en France. L’adresse était citée dans quelques numéros.

Après ça, j’ai surtout spammé à mort les forums Ezboard. Mon pote Frenz qui m’épaulait sur le premier site continuait en solo dans la voix qu’on traçait, à savoir commencer des sites sans jamais les terminer. Par exemple avec Frenz Dimension, qui, fait incroyable, parlait de… jeux vidéo, avec quelques tests encore lisibles, et des petits gifs rigolos de Final Fantasy IX. Je dois reconnaître qu’il se débrouillait niveau design, aidé aussi par un grand frère tombé dans les PC dès son plus jeune âge, qui a été pendant quelques années le webmaster de PC Extreme. On trouve aussi une rubrique Citations, qui rassemblait les perles de notre estimé professeur de technologie du collège, un mec complètement dingue et ridicule qui, pour l’anecdote, a un jour empoigné une chaise pour la détruire sur une table (détruisant la table avec) par énervement (ce qui me fait me demander pourquoi il a continué d’exercer après ça). D’ailleurs, dans ce collège, on était aussi potes avec un certain Dare, qui un jour a créé son site lui aussi, et là, croyez-moi, c’était le début de quelque chose de lourd. Très lourd.

En Août 2002, ça ressemblait à ça, puis en Novembre, j’avais takeover la page d’accueil. Ce site s’était transformé en base de travail pour un projet qu’on avait avec un autre de nos camarades, un certain Prince Diours, qui avait un jour écrit une rédaction mettant en scène le super-héros Oursman. De cette belle oeuvre était parti tout un délire qu’on a baptisé l’Ours Powa, défendant la suprématie oursienne contre divers animaux à la con qui ne servent à rien comme les phoques ou les corbeaux. On foutait donc nos conneries sur Internet, et en Février 2003, on en voit un peu plus, et vous pouvez découvrir l’essence du mouvement en parcourant les pages encore vivantes. Par contre, je préviens, on était jeunes, on s’éclatait, tout ça. Mais ça me fait toujours rire.
Comme vous le voyez, on mettait des choses en rapport avec notre délire (rapports d’attaques oursiennes, ennemis, alliés, & co, j’apprends d’ailleurs que les raton-laveur se sont spécialisés dans l’infiltration) ainsi que des photos et vidéos complètement débiles de nos divers rassemblements. Il y avait aussi Papy à la campagne, fantastique feuilleton créé et joué par Frenz et Dare et filmé avec ce qui devait être le modèle le plus ancestral de webcam au monde. A l’époque, pour contrer le fait que nos site disparaissent peu à peu, le frère de Frenz avait créé cette page qui rassemble les vidéos d’une de nos réunions, joliment nommée Ours Consortium. On y voit des choses pas toujours très catholiques, j’ai les cheveux très courts, il y a des PC partout, bref, c’était génial. De nos jours, la quasi-intégrale de nos photos et vidéos est encore dans mes fichiers. Toute personne qui repèrera ce dossier sur mon laptop aura accès à une mine incroyable de choses honteuses pour me faire chanter (il y a aussi des vieux .avi qu’aucun logiciel actuel n’arrive à lire). Je me rends compte que pour déconner on avait nommé une vidéo teen_rape_cock_shave_pussy_ass_amateur_slut_bitch_dog_xxx_hentai_
hard_illegal_underage_8_sister_baby_emb
.avi, ce qui montrait qu’on savait aussi bien se servir d’eMule pour trouver un certain type de contenu. On aimait aussi les blagues à base de jeux de mot fins, les calendriers Dead or Alive Xtrem de Joypad, les wallpapers sympas, avoir le regard vide, les lasagnes maison… Il y a même une vidéo appelée prisedeconsience.avi dans laquelle on dit : On vient de se rendre compte d’un truc. Y’a des fois, on fait des vidéos, ça fait pitié. Je pense que c’est une bonne conclusion à tout ça.

En parallèle, je développais mon nouveau site, L’Angélie (qui s’appelait au départ Waffle’s Data Base). L’idée, c’était de publier des articles sur ce qui nous plaisait, les jeux, la musique, et de rassembler divers sites pour faire une petite communauté sympa, avec un forum pour accompagner le tout. C’était hébergé sur waffle.free.fr, compte qui fut un jour supprimée par Free sans explications, même s’il devait y avoir quelques trucs pas clairs qui trainaient dessus. En parcourant les archives, je me rends compte que le site a subi un nombre incalculable de liftings et de pseudos-mises à jour qui n’apportaient rien. Une chose est sure : je montrais bien au monde que j’étais un fanboy d’ABe, avec un header Lain, et une image d’accueil Haibane. Le forum a été un grand moment de bravoure qui a dépassé le stade des 50 000 posts et qui servait aussi de QG pour l’armée des Ours (forum sur lequel on surfait d’ailleurs pendant les cours de technologie dont je parlais plus haut). On y parlait de tout et n’importequoi totalement n’importe comment, et la section rattachée au site Sexy Stage contenait son lot de topics rigolos. Parmi eux, les sondages, qui consistaient à poster un topic avec diverses photos de jolies filles et à laisser chacun voter pour celle qu’il trouve la plus jolie/sexy. On faisait des topics sur les différentes pratiques sexuelles, bref, c’était assez délirant. Le site en question avait débuté quand j’avais ajouté une section sexy à Waffle’s Data Base. Dès Melodies of Life et L’antre des Ours, je cachais (ou pas) des photos de modèles asiatiques (la plupart du temps) pour me faire plaisir et faire plaisir à mes visiteurs. J’ai fini par vouloir en faire une section, très certainement car je n’arrivais pas à canaliser le développement de mes hormones ! La première archive est ici, et date, tenez-vous bien, de Mai 2002 (rapide calcul, j’avais 14 ans). Pour le plaisir, voici une autre page d’accueil, avec mon idole de l’époque, Eiko Koike, et puis une troisième. En Mars 2003, j’ai changé le fonctionnement du site en distribuant ma collection de photos par fserv IRC, ce qui fut l’occasion de renommer la chose Kawaii Serv. Après ça, le site a progressivemment mouru (pour peu qu’il ait été vraiment vivant un jour), mais ce qui est sûr, c’est que je m’étais bien amusé à faire ça. D’ailleurs, je n’ai plus ma collection, j’ai du la supprimer un jour pour je ne sais quelle raison…

Parmi les sites de L’Angélie, il y avait aussi un autre feuilleton, à savoir L’atelier d’ABe, mon site sur Yoshitoshi ABe, le character designer de Lain, NieA_7, Haibane Renmei, etc. Je m’en occupe actuellement sous la forme d’un blog, mais le projet est lancé depuis des années, depuis 2002, carrément. Une vieille archive remonte à Octobre 2002, avec bien peu de pages en ligne, même chose en Novembre. Tout ça n’a jamais décollé, et j’ai aujourd’hui perdu la motivation de faire un vrai site, je suis donc l’actualité en écrivant sur le reste au gré de mes envies. En tous cas, pour justifier le titre de l’article, niveau projet modifié, amputé, et jamais mené à bien, celui-là tient la dragée haute.

Puis j’ai fini par quitter Free pour arriver sur un hébergeur payant, Infoliens. L’Angélie en arrivait à sa septième version, sachant qu’on est en Octobre 2003, je me demande donc quel a pu être le rythme de « changement de version»  depuis le début. Le forum était toujours là, avec l’organisation de ses sections modifiée pour la 50ème fois. En checkant les pages d’archives des editos, je me rends compte que je me lançais assez souvent dans de grands textes sur la politique, ce qui ne m’étonne pas vraiment (avec des photos de Yuko Ogura au milieu, quand même). Il semblerait que tout ça soit mort mi-2004, car on ne trouve plus de mention de communauté de site, webzine & co, juste un blog et un forum. Ces blogs, d’ailleurs, dont Nameless, je ne m’en souvenais absolument pas, ça n’a pas du durer bien longtemps comme tout le reste, il y avait des photos de Tiffany Teen et Vivian Hsu, j’avais l’air de raconter ma vie et de déprimer. En Octobre 2005, j’annonçais que L’Angélie allait revenir, et en Décembre, on voit un nouveau design, mais j’imagine que rien n’a été fait ensuite. Je sais que j’ai tellement apprécié le meilleur de cette époque que j’essayais toujours de reconstruire quelque chose de similaire, cependant la flamme n’était pas toujours aussi vivace. Cela menait à ce que je fasse diverses annonces pas toujours suivies de faits concrets, dans le seul but de courir après de bons moments qui ne se produisaient plus ou avec d’autres personnes. Cet article et celui sur Ezboard et tous ceux de cette catégorie nostalgique me permettent d’exorciser ces souvenirs et de faire comme si, après avoir tout passé en revue, j’allais pouvoir aller de l’avant en toute tranquilité.

Après ça ? Pas grand chose, quelques blogs voués à l’échec et un petit forum de potes qui a vite crevé. En Terminale, j’avais cette petite page qui rassemblait mes diverses adresses de présence sur le net. Parmi ça, il y avait ce blog, ouvert un été où je devais avoir trop chaud et trop penser aux filles. C’était des photos, quelques articles, des photos, des vidéos… Le genre de blog qu’on fait dans son coin et qu’on exhibe pas vraiment, un peu comme le site dont je parlais plus haut. Avec le recul, je pense que je faisais ça pour extérioriser, je ne sais pas, une énergie sexuelle qui devait m’envahir et rester prisonnière les fois où elle ne pouvait pas s’exprimer. Je m’en serai bien passé, car si tout ça m’amusait, ça a aussi créé des disputes, notamment avec ma meilleure amie qui m’a souvent mis en garde vis-à-vis de ce que je faisais. Je retrouve un billet d’Aout 2004 dans lequel j’en parle :

Je n’avais pas eu la bonne réaction par rapport à la note « Tiffany again and again»  et aux commentaires qui avaient été postés. Tout d’abord je tiens à préciser que je n’en veux à personne d’avoir donné son avis. Mais je me vexe facilement, et c’est pour ça que j’ai sorti la note « Et bah ça y est» . Un blog c’est quelque chose de personnel mais en même temps si on en fait un c’est parce qu’on veut qu’il soit vu / lu, alors il ne faut pas faire fuir les gens ! Cruel dilemme… Je n’aimerai pas non plus que certaines personnes aient une mauvaise image de moi parce que je mets ces photos sur mon blog, Kam’ m’a mise en garde en me disant « nous on te connaît mais les gens qui ne te connaissent pas pourraient croire que tu ne juges que sur le physique» . Mais quasiment toutes les personnes qui sont ici étaient déjà sur l’angélie et, je pense, connaissent bien ma « personnalité»  et sont j’imagine déjà tombés sur les topics de photos de la section love&sex… et personne ne m’avait fait de réflexion (bon, à part Aya bien sûr :p).

En visitant à nouveau ces pages, je me rends compte que j’en disais quand même pas mal à l’époque. Maintenant, j’ai grandi et j’essaye de contrôler tout ça et d’en parler de manière mesurée et ludique, dans cet article par exemple. J’ai même été modérateur de ce forum, tiens, malheureusement envahi par le spam et rendu inaccessible par un bug de la base de donnée. Fort heureusement, certaines fois, Archive.org montre ses limites et certaines choses ne sont plus trouvables. Tant mieux.

J’ai aussi été pas mal présent sur le site deviantART, une communauté d’artistes visuels divers, photographes, dessinateurs, créateurs de wallpapers, gifs, thèmes… J’y ai posté des photos qui ont parfois eu leur petit succès. Malheureusement, le soin célèbre que j’apporte à mes objets hi-tech faisait que j’étais parfois au chomage technique à cause d’une chute d’appareil photo.

En classe de Terminale Littéraire option Cinéma-Audiovisuel, j’ai eu vent d’un projet de webzine des élèves, nous proposant d’écrire ce qu’on veut sur ce qu’on veut. Evidemment, j’ai tout de suite souscrit à l’idée. Une ou deux réunions plus tard, j’ai publié articles et brèves avec d’autres camarades, à propos, entre autres choses, du manga Gunslinger Girl, de la victoire de Lordi à l’Eurovision, du jeu vidéo Project Zero, d’une vidéo live de Current 93, du netlabel Cauldron Music, de la série X-Files… C’était une expérience très intéressante et même s’il n’y avait pas toujours énormément d’échos, j’espère que nos articles auront permis à nos lecteurs et lectrices de faire quelques découvertes. Malheureusement, les voies d’Internet sont impénétrables, et suite à un crash du serveur du rectorat, tout a disparu. Articles, brèves, commentaires… Arriva alors le moment ou j’eus l’envie de compiler tous les articles écrits de toute ma vie entière, il me fallut donc récupérer lesdits articles perdus dans les méandres d’un disque dur hors-service. Une version imprimée par-ci, un mail au professeur qui nous encadrait par-là, j’ai pu sauver quelques textes dont certains ont été republiés ici et là. A ce jour, le projet de webzine des élèves semble ne pas avoir été poursuivi, ce qui n’est pas aidé il faut le dire par le fait que le professeur en question ne travaille plus au lycée. Dommage… En tous cas, ça reste le souvenir d’une bonne expérience.

Après ça, je me suis stabilisé, j’ai créé ma page MySpace et Clermont Noir, forum avec lequel j’ai vécu d’excellents moments qui rappelaient parfois L’Angélie, même si comme on grandit, ce n’est jamais pareil. Cependant, j’essaye de voir toutes les qualités des échanges et projets que j’ai actuellement, pour ne plus rester bloqué dans mes glorieuses années. J’ai en tous cas été content et souvent surpris de revoir tout ça, et en faisant un bilan, j’ai envie de dire : tout ce temps, tout ce papier, tout cet espace disque, toute cette électricité, en une petite dizaine d’années, c’est pas mal ! Si j’ai oublié des choses, je les rajouterai dans les commentaires, en attendant, c’est finalement assez fatiguant de mobiliser sa mémoire ainsi et de plonger dans son passé, entre les pages qui ne marchent pas, les adresses qu’on a oubliées… J’espère donc que tout ça vous a intéressé et peut-être rappelé des souvenirs si vous y avez participé d’une façon ou d’une autre. En tous cas, à tous ceux et celles que j’ai croisés pendant ce temps : merci !

L’existence même de la catégorie « Oldies»  le prouve : je suis un grand nostalgique. Ecole primaire mise à part, mon évolution a presque toujours été accompagnée d’éléments web : forums, sites, conneries… Ainsi, dès l’an 2000, je trainais mes guêtres sur les forums de jeuxvideo.com, qui concentraient à l’époque la masse abrutie des cons à qui Internet permettait soudain de s’exprimer, avant que le web 2.0 ne les libère et que Libé.fr autorise les commentaires sur ses articles. A l’epoque, évidemment, je m’en rendais pas compte, mais je suis un peu sévère car j’ai quand même rencontré une personne déterminante, fan d’Evangelion et de Final Fantasy VIII, qui allait ouvrir « un vrai forum avec photo et tout» . Bon. A côté de ça, je découvrais Final Fantasy IX et le monde merveilleux des RPG’s, qui était représenté sur le net par les sites hébergés sur Babeloueb et le forum Final Fantasy Message Base. Ca y est, grâce à Linoa Ayanami d’un côté et FF Message Base de l’autre, je découvrais Ezboard, solution gratuite (au départ) de forums basée aux Etats-Unis, qui proposait à chacun de créer son board classe (pas comme toutes ces conneries de forums à arborescence), et sur laquelle s’étaient rassemblés tout plein de fans du Japon, de jeux vidéo, de japanim’ et de mangas, écrivains et écrivaines de fanfictions et floodeurs au bord de la folie…

Cette communauté, c’était en gros quelques gros forums (Final Fantasy Message Base, donc, forum de Nancy ; les forums d’Ellendil, avec la fameuse section dédiée aux Hyperversadiques ; L’Empire, le forum garguantuesque de Tony Maniacs, qui faisait régulièrement bugger tout Ezboard ; L’Asile de fous, forum d’Aeris Katsuragi, ou l’on parlait de jeux vidéo, anime, Evangelion et Urgences ; les forums de Darklord, temple du non-sens floodé principalement par lui-même et azerty) et plein de petits forums créés par chacun des membres de la communauté, avec toujours les mêmes sections, les mêmes sujets et les mêmes délires, mais où, bizarrement, on postait quand même. Le forum de cayenne, le forum d’Ellone, le forum de SuperFujiin (je sais jamais l’écrire), le forum d’Aya (Le jardin bleu, qui était donc le fameux forum « avec photo et tout» ), le forum de Rocky Bee, le forum de… Je m’y perds.

Et vous savez quoi ? J’y suis passé aussi. J’ai créé Waffle’s Base (car je m’appelais Waffle Ryebread, pseudo issu d’un jeu vidéo), forum de blabla accompagné de quelques sections sur le rap (que je m’envoyais sous perfusion à l’époque, j’étais un peu monomaniaque), Yoshitoshi ABe (j’étais déjà fan), et d’autres trucs que j’ai oubliés, mais oh, il semblerait qu’Archive.org vienne à mon secours :

Ici, on peut constater que ma métamorphose en gothique date de loin (la section pour déprimés), et que j’avais totalement oublié avoir créé une section dédiée aux Simpsons.
Ici, on peut voir que j’avais changé de forum pour L’Angélie et que les topics étaient donc rassemblés dans une seule section dont j’ouvrais l’accès aux proches.

Que de souvenirs sur ce premier forum : le couple Angel of Eternity/Yoko, les discussions sur le fait que je suis un pervers (Angel m’avait d’ailleurs promis une photo d’elle en maillot de bain à l’occasion d’une correspondance épistolaire, photo que j’attends toujours fébrilement), nos nombreux « schizos»  (pseudos supplémentaires, pas toujours déclarés, des aka en fait, jeu monnaie courante à l’époque), certains posts totalement idiots quand je les relis maintenant, et écrits par… moi… Bref tout ce qu’on peut faire devant internet dans son jeune âge.

Ensuite, il y eu donc L’Angélie, nom que j’ai inventé et que j’apprécie toujours, nom d’une communauté et aussi d’une « communauté de sites»  plus fantasmée que réellement opérante (oui, pas facile d’être un webmaster sérieux à 14/15 ans). Plusieurs présentations historiques :

Celle-là, la plus jolie, avec un dessin trouvé dans un vieux magazine FJM Publications (bouuh)
Celle-là, plus, euh… morne ?

Bref, ce forum-là a été plein de topics mémorables tels que « avez-vous remarqué que Waffle a disparu ?» , suivi de « Avez-vous remarqué que Waffle a ENCORE disparu» , les topics idiots de N3o et Frenz (» Vous avez vu les affiches Bayrou la relève ?« ), et des tas de trucs que j’oublie. C’était la première fois que j’incorporais sérieusement mes connaissances collégiennes à mes connaissances « web» . Ensuite, tout ça a continué puissance 10 000 sur un forum phpBB, le temps de 50 000 fracassants posts désormais perdus dans l’infini des erreurs de manip’ informatiques (argh).
L’évènement à retenir, c’est quand même ma rencontre avec Kamya13, jeune fille discrète un peu tâtonnante sur le Jardin Bleu devenue ma meilleure amie sans que cela n’ait bougé depuis toutes ces années. Peut-être pour ça qu’il m’arrive souvent de me remémorer cette époque et de rechercher les forums encore vivants, non encore perdus dans la grande épuration Ezboardienne.

Pour en revenir à la grande communauté, il y avait aussi des IRL, et en particulier des rencontres aux conventions asiat’ du genre Epitanime. Si je n’ai pas eu l’occasion de participer à une rencontre Ezboard, je suivais avec attention les récits de ces évènements, courant après les photos qui étaient assez rares à l’époque. Des photos, il y a des gens qui n’en montraient jamais, comme Garnet Til Alexandros, jeune fille mystérieuse objet de tous les fantasmes des spammeurs car la plupart devaient l’associer à son avatar de Garnet de Final Fantasy IX. Il y avait aussi des engueulades de couple, ou de gens qui auraient aimé être en couple, même si j’étais pas assez impliqué pour bien comprendre… En pleine période nostalgique, j’ai lancé un topic… nostalgie sur L’Empire, qui a rassemblé l’espace de quelques posts quelques grands noms de l’également grande époque. Maintenant, que reste t’il ? Toujours Aya et Kamya, Zgant aussi, une ou deux personnes sur Facebook, quelques posts nostalgiques ici ou là, mais en tous cas, nous avons tous grandis…

Et vous, quels souvenirs gardez-vous d’Ezboard ? N’hésitez pas à sortir vos anecdotes, de manière à ce qu’on finisse tous par se pleurer dans les bras…!