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La révolution sexuelle et la camaraderie amoureuse p.61 & 77

2010 septembre 3
by Lux

2. – Il ne s’agit pas de demander si la pratique de l’amour libre a donné, lorsque réalisée en des natures impréparées ou inaptes, de mauvais résultats. Il ne s’agit pas de poser la variabilité amoureuse comme un facteur d’évolution du fait sexuel. Il ne s’agit pas de se demander si la monogamie ou la monoandrie est un préjugé, si la polygamie ou la polyandrie est une aberration. Nous posons la question de la liberté sexuelle comme nous posons la question de la liberté intellectuelle ou scientifique, la question de la liberté d’opiner, de se réunir ou de s’associer. Et c’est dans un esprit semblable que le problème doit être résolu. Faire une exception pour l’activité amoureuse, revendiquer, sauf dans ce domaine, la faculté pour chacun de se déterminer selon ses aspirations et ses goûts, c’est faire montre d’un illogisme indéfendable.
(…)
48. – Des individualistes, matérialistes et déterministes, disent ou écrivent que la recherche de la jouissance pour la jouissance, du plaisir pour le plaisir est un leurre, une illusion. Je n’attends rien au-delà de la tombe, je le réitère, et je ne considère ni comme un leurre ni comme une illusion : sur le bord de la mer, de contempler un coucher de soleil ; du haut d’une montagne, d’entendre monter les rumeurs de la ville ; dans un verger, de croquer des pommes à belles dents. Je ne considère non plus ni comme une illusion ni comme un leurre de sentir sur mes lèvres la pression des lèvres d’une camarade. Ma vie est trop courte – comme la tienne – pour que je renonce à saisir l’occasion de jouir qui s’offre, à la provoquer si besoin est.

Dans les années 1920/1930, l’anarchiste individualiste E. Armand a théorisé une nouvelle manière de s’aimer : la camaraderie amoureuse. L’histoire de ce mouvement éphémère et d’autres écrits d’Armand sur la liberté sexuelle sont rassemblés dans La révolution sexuelle et la camaraderie amoureuse, sorti en Avril 2009 aux éditions Zones.

Wake me up when September starts

2010 septembre 3
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by Lux


Quel connard ce Michael Cera ! Après avoir fricoté avec ma chérie Ellen Page dans Juno, voilà qu’il sort avec Mary-Elizabeth Winstead dans Scott Pilgrim vs. The World, la cheerleader de Boulevard de la mort, rien de moins ! Mais comme au bout d’un moment il faut quand même pas déconner, il devra d’abord combattre 7 exs maléfiques avant de s’accorder les faveurs de la joliment nommée Ramona Flowers. C’est pas cher payé mais c’est déjà un début, quelle arrogance d’avoir autant de chance quand même !

Haine gratuite mise à part, bienvenue Septembre, la rentrée approche après quatre mois de vacances, ma fac ayant eu la bonne idée de compresser le calendrier jusqu’à l’étouffement pour boucler l’année fin Avril. On pourrait croire que c’était très bien, ces quatre mois, et c’est en partie vrai, mais au bout d’un moment, j’en ai eu marre, et je ne suis pas le seul. A l’heure qu’il est, nous rêvons tous secrètement de retrouver les bancs du campus, aussi moche et industriel soit-il. Ce retour est bien sûr l’occasion de revenir au travail chez Com » Together, l’association d’étudiants de mon département dont je fais partie, en tant que webmaster et spécialiste des machins sur Internet. Le site devrait être vraiment actif cette année, avec bien plus d’articles, mais comme il n’est pas encore fini, je ne vous le montre pas, d’abord. Vous serez tenus au courant quand le moment viendra !

Quand à Horizon Désarmant, il continuera sur sa lancée, unique et imprévisible, et comptant sur l’infinie curiosité de ses lecteurs… Sans trop m’étendre, je dois dire que j’ai été très surpris et satisfait de l’écho des derniers articles, plus personnels que les autres donc un peu casse-gueule par nature. Beaucoup de réactions et de compliments, sur le blog et en dehors : j’ai passé un bel été ! Voilà de quoi donner envie de se remettre au travail, sauf que, comme je l’ai dit au-dessus, je n’ai aucune idée de ce dont je vais vous parler bientôt : il faudra donc ouvrir grand vos oreilles et vous attendre à tout…

Et sinon, 2010, ça finit comment ? Avec des concerts, tout d’abord, beaucoup de métal encore une fois à Lyon, mais je ne pense pas y aller (Watain, Dark Tranquility, Korpiklaani, Eluveitie, Epica, Deep Purple, Therion, Finntroll, Samael, Rotting Christ, Temple of Baal…), le Dark Halloween Fest fin Octobre qui affiche le projet lyonnais Operation of the Sun aux côtés d’Ataraxia et The Eternal Afflict, le retour des français de Kap Bambino qui avaient annulé leur prestation gratuite aux Nuits Sonores en raison d’une vilaine fracture, la nouvelle tournée du groupe industriel culte The Swans… Et à Paris, de sacrés tueries, le retour d’Anathema tout d’abord, venus présenter leur album We’re here because we’re here, la nouvelle soirée made in Au-delà du silence, avec Of the wand and the moon et Rose McDowall, et le concert de Front Line Assembly avec mes australiens chéris en première partie, j’ai nommé Mind.in.a.box ! Tous ces noms sont bien sûr une liste théorique de ce que j’irai possiblement voir, mais ce genre de choses se décident parfois au dernier moment, en raison de nombreux imprévus, comme le travail à faire pour la fac. Et oui.

Et question cinéma ? En plus de Scott Pilgrim, qui sort le 1er Décembre, sachez que la dernière palme d’or du Festival de Cannes est actuellement en salles : ça s’appelle Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures), oeuvre d’un thaïlandais au nom effrayant mais pas si dur à dire, Apichatpong Weerasethakul. La semaine prochaine, ma curiosité pour les religions m’emmènera certainement voir Des hommes et des dieux, un film français, comme je vais (très) rarement en voir. Plus loin, le 6 Octobre, deux films intéressants au programme : Kaboom de Gregg Araki, réalisateur de Mysterious Skin, et Laisse-moi entrer, le remake polémique de Let the right one in de Tomas Alfredson, dont j’ai déjà parlé. Histoire de donner un avis, je ne suis pas repoussé par ce remake, même si j’en condamne bien sûr l’existence si soudaine ; cependant, le film existe quand même, donc autant en parler. Après la prestation de Chloé Moretz dans Kick-Ass, j’ai confiance en elle mais j’aimerai vraiment que ce film adapte des parties différentes du livre de Lindqvist… Malheureusement, il ne faut peut-être pas trop y compter. Aussi, j’ai peur que le côté sale et glacé de Lina Leandersson ne puisse être rendu de la même manière par l’ange blond qu’est Chloe… Verdict sur pièce début Octobre.

Pour le reste, et bien, l’avenir nous le dira. En ce moment, le présent se compose de lectures et de séries animées, la saison d’Eté se poursuivant tranquillement. Je continue de regarder un Asobi ni iku yo drôle, parodique et sexy, un Highschool of the dead tout aussi sexy mais qui manque de véritable action (je crois que les zombies mous, ça m’emmerde), et un Shiki à l’ambiance toujours aussi prenante, au charadesign agréable, à la technique excellente, mais qui souffre un brin d’un nombre imposant de personnages ralentissant l’avancée de l’intrigue. Quand à Occult Academy, mon enthousiasme a vite baissé quand j’ai découvert l’humour à moitié drôle qui gâche la série, à mes yeux ; je n’adhère absolument pas au côté loufoque, mais je tenterai quand même un épisode supplémentaire… Sait-on jamais. Et, quitte à avoir déjà un oeil sur les séries de l’automne, sachez que j’attends avec impatience Panty&Stockings, et que si c’est décevant, il va y avoir des morts et des renforts.

Bye bye été interminable : il est temps de revenir aux choses sérieuses, le futur s’annonce très excitant et j’ai hâte de lui dire bonjour, en espérant que cela se transforme en de nombreux articles pour vous, lecteurs. J’espère que vous avez passé de bonnes vacances et que vous êtes prêts à rattaquer, que ce soit des études, un boulot ou une année sabbatique. Quand à ceux qui n’ont jamais arrêté, bon courage, et trouvez quand même le temps de venir dire un mot, à l’occasion.

Back to the sixties #1 : Far out !

2010 août 9
by Lux

L’impayable girouette que je suis n’en a pas fini de fureter d’un mouvement à l’autre, d’un univers à l’autre et d’une époque à l’autre : en même temps qu’Arte, je voyage dans le passé vers les sixties, le summer of love, les beatniks, les colliers de fleurs et le rock psychédélique. Tout a commencé quand je suis retombé sur Las Vegas Parano de Terry Gilliam à l’Institut Lumière : pas un film hippie à proprement parler, mais l’occasion de découvrir enfin la vie d’Hunter S. Thompson en piochant le bouquin et sa biographie tout juste sortie. Et, par cet intermédiaire, la free press, les drogues, et tous les idéaux portés par le mouvement des sixties : voyage, liberté, amour, musique, communauté et spiritualité. Voilà ce qui se passe quand l’époque est trop froide, et quand on ne se sent pas à sa place : on va chercher la chaleur ailleurs, dans un idéal de partage, de paix et de convivialité. Reste maintenant à voir si la vérité était vraiment si belle que cela.

Las Vegas Parano se concluait en partie sur ces mots, qui auraient pu être l’épitaphe d’une tombe des sixties :

Finie l’énergie qui alimentait les sixties. C’était ça le défaut dans la cuirasse du trip de Thimoty Leary. Il a rebondi à travers l’Amérique vendant l’expansion des consciences, sans même réfléchir aux réalités bien dégueulasses qui attendaient tous ceux qui l’avaient pris au sérieux. Tout ces tristes défoncés à l’acide qui croyaient s’offrir la paix et la compréhension à 3 dollars la dose.

Chez les hippies, les drogues hallucinogènes en particulier étaient vues comme un moyen de vivre et voir de nouvelles choses, d’emmener sa conscience vers des horizons inconnus, de voyager au plus profond de soi et d’explorer de nouvelles formes d’art. Dans son livre Oh, Hippie Days !, le journaliste et photographe français Alain Dister raconte ses rencontres avec les défoncés de l’époque, entre 1966 et 69, alors qu’il voyageait sans un sous à travers l’Amérique. A côté des plus joyeux encore à peu près sur terre, erraient parfois des vraies loques perdues dans leur addiction, qui se sont laissées bouffer par leur trip sans prendre garde aux limites de l’exercice. Car en embrassant pleinement l’Amérique psychédélique, le jeune Dister (25 ans) ne manquait pas d’en pointer aussi les mauvais côtés. Dans un de ces paragraphes construits sous forme d’adresse à ses camarades de voyage, il raconte :

Nous étions deux français perdus dans une Californie en plein délire… Deux français essayant de ne pas trop perdre leurs repères. Toi, surtout, toujours prêt à te moquer de ces choses sidérantes qui s’offraient à nos yeux le long des trottoirs du Haight. Tu ne comprenais pas très bien ce que je faisais dans ces communautés pleines de mômes braillards, de types camés, de nanas mal fringuées et de chiens pissant et chiant partout. Remarque, certains jours, moi non plus je ne comprenais plus tellement ce que je foutais là. Surtout que je regardais ça d’un oeil critique, en total désaccord avec ce manque d’hygiène, cette déconfiture.

Sans vrais logis fixe, ou pour pas plus long qu’un mois, Dister passe de piaule en piaule, s’arrête dans des communautés, où les règles de propreté n’étaient pas la préoccupation principale. Entre les animaux en liberté et l’amour libre sans protection, il y avait parfois de quoi rêver de draps blancs et d’une vraie bonne douche. De revenir dans un cadre sain. C’est ce qu’il trouve l’espace d’un moment en rencontrant Liza, hippie-chick contrariée fille d’une famille bourgeoise du sud de San Francisco : il reste un moment, se repose dans la piscine chauffée et baise avec elle dans son atelier, mais finalement, la vraie folie du mouvement finit par lui manquer. Preuve que malgré les problèmes, il y avait quand même quelque chose d’attirant à vivre ici, à surfer sur la vague, en direct.

Ce frigo plein, cette piscine, l’ennui qui se dégage de cette sécurité retrouvée… Je n’ai plus qu’une envie : filer vers le Haight, la rue crade, les appartements surpeuplés, la dope à portée de main, les filles, les filles, les filles, l’univers glauque, mais palpable. Réel.

La vie en communauté était aussi un des horizons à atteindre pour les hippies, car elles sont symboles de partage, d’échange, de création et s’opposent à l’individualisme et à la consommation. Parfois, elles se suffisaient à elles-mêmes, qu’il s’agisse d’agriculture, d’éducation ou d’élevage. Cette utopie appliquée a plus ou moins fonctionné, ce concept ouvrant toujours la porte à la fragilité humaine : ce n’est pas parce qu’on prêche l’amour qu’on évite les conflits. Aussi, parfois, les gens changent, tout simplement, et les communautés s’effritent. Le 18 Juillet, Arte diffusait deux documentaires sur le sujet, montrant les bons et mauvais côtés de l’expérience : le premier revenait sur l’île de Sarakiniko, qui avait accueilli 200 personnes désireuses de vivre autrement, à la fin des années 70. Le deuxième, moins drôle, présentait la communauté fondée par Otto Mühl, ancien actionniste viennois qui pètera les plombs d’années en années, transformant sa micro-société en laboratoire mégalo et égoïste, se réservant les mineures pour lui tout seul (l’enfoiré). Le rêve d’égalité des babas n’a pas empêché certains faussaires en manque de pouvoir de s’engouffrer dans la brèche pour étancher leur soif de domination.

Cependant, la vie a cette époque avait aussi du bon. Pendant qu’il traîne au Haight-Ashbury, célèbre quartier de San Francisco blindé de hippies dans les sixties, Alain Dister voit des concerts, rencontre des filles, fait beaucoup l’amour, se fait héberger, nourrir, proposer du boulot… Alors qu’il se retrouve un jour à Los Angeles, il raconte :

C’est pas San Francisco ici. On ne trouve pas des gens à tous les coins de rue qui vous demandent en souriant si vous êtes sûr de pouvoir dormir quelque part, si des fois vous n’auriez pas besoin d’un coin de crashpad et d’un bol de riz complet. En échange de rien de plus que de passer un moment à capter votre vibration. Enfin, c’est ce qu’ils disent.

Mouvement anti-guerre, anti-autoritaire, anti-conservateur, anti-hiérarchique, anti-consumériste, anti-individualiste, la vague hippie a eu le mérite d’en faire un idéal appliqué plutôt que des idées en l’air professées dans des manuels. Et comme tout mouvement de jeunesse, il s’expose forcément à quelques ratés. Quand on traîne un peu dans les mouvements alternatifs, on a vite fait de comprendre que le moindre dérapage sera utilisé et amplifié pour faire du tord, souvent de la part de politiques et de médias conservateurs. Un suicidé fan de Marilyn Manson ? Haro sur le métal ! Une baston à la sortie d’un concert ? Haro sur le rap ! Une overdose en rave ? Haro sur la techno ! Certes, il ne s’agit pas d’amoindrir certains évènements tragiques, mais d’en critiquer la récupération, qui, comme le disait un collègue bloggeur ici-même, appuie sur le symptôme plutôt que sur la cause. Quelle qu’ait été sa véritable influence, le mouvement hippie a fait vibrer des utopies qui paraissent actuellement plus que nécessaires. D’ailleurs, le mouvement altermondialiste, et le rassemblement au Larzac en 2003, ne montraient-ils pas l’existence d’un désir de retour à ces valeurs ? De nos jours, le mouvement de la décroissance rappelle le souhait du retour à la nature, même si certains de ceux qui s’en réclament lui donnent une image bien trop conservatrice et caricaturale. La surconsommation, la technologie omniprésente, les mégalopoles surpeuplées, tout concourt à susciter avec urgence le besoin de se confronter à l’autre, de sortir du virtuel, de vivre pleinement sa vie plutôt que de la perdre à la gagner. Et ce, encore plus qu’il y a 50 ans, car ce qui faisait déjà peur aux hippies s’est développé puissance 1000 entretemps.

Et à part ça, pourquoi cet intérêt ? Eh bien, sûrement parce que je n’aime pas faire comme tout le monde et qu’évoluer dans un milieu qui se moque des hippies me les rend encore plus sympathiques. Même si je me balade entre les gothiques et les métalleux, je n’ai jamais adhéré au côté misanthrope de certains, et je suis toujours resté pacifiste et lucide pour ne pas me faire emporter dans la détestation du monde, que j’ai toujours trouvé être une facilité. Comme je me moque des commentaires (sauf des vôtres sous mes articles), je suis mon propre chemin sans faire gaffe au reste.

Et aussi, j’ai découvert un groupe fabuleux, Jefferson Airplane, largement cité dans Las Vegas Parano en raison de la passion de Thompson pour leur album Surrealistic Pillow (1967). Dans le film, le docteur Gonzo, joué par Benicio del Toro, complètement défoncé dans la baignoire de l’hôtel qu’il partage avec Raoul Duke (Johnny Depp), demande à celui-ci de mettre White Rabbit à fond sur leur lecteur cassette. Dans une autre scène, Duke déambule dans un club de l’époque au son de Somebody to love, scène où Thompson se trouve d’ailleurs en figurant. Ni une ni deux, j’écoute l’album en question, excellent disque de rock psychédélique, qui donne une pêche énorme et vous met à plat en même temps avec des chansons furieusement mélancoliques comme Today. Une découverte heureuse qui vaut bien plus de points que les musiques engagées actuelles dont s’encombrent les neo-hippies lycéens. Revenons à la base bon sang ! Ca avait de la gueule, à l’époque, et il y avait Grace Slick, et Grace Slick, c’est la classe, l’amour, la sensualité, tout ça à la fois en plus d’une voix géniale. A l’époque, Jefferson Airplane a participé aux trois festivals majeurs de l’ère psychédélique : Woodstock, Monterey et Altamont, ainsi qu’au happening Human-Be-In au Haight, qui a lancé le fameux Summer of love.

If you’re going to San Francisco,
be sure to wear some flowers in your hair…
If you’re going to San Francisco,
You’re gonna meet some gentle people there.
(The Mamas & the Papas)

Et puis, il y a une espèce d’ennui et de décalage, palpable dans certains articles, que j’arrive à formuler aujourd’hui. L’impression, d’abord, que malgré l’altermondialisme, les grands mouvements se sont un peu éteints depuis la moitié de la décennie. L’impression aussi que les évolutions musicales, artistiques, liées pour la plupart à l’informatique, au téléchargement, ouvrent certes de nombreux horizons mais ne remplacent pas ce que c’est de ressentir la vibration dans la vraie vie. Quelle est cette envie, au fond ? Peut-être celle d’éprouver son corps, de vivre quelque chose de vrai, de partir à la rencontre des autres, sans méfiance ni préjugé, de faire quelque chose de sa jeunesse tant qu’on a encore de l’énergie et des idéaux. La compréhension mutuelle est certainement un rêve, de nombreuses choses restent à l’état de rêve tant que personne ne tente de les transformer en réalité. Et pour les tentatives qu’il a fait naître, le mouvement des sixties mérite une partie de mon admiration.

Voilà pour cette petite présentation, brouillonne et obscure, mais ce n’est pas grave. Plus tard, on parlera de la free press, d’Actuel, du film Hippie Hippie Shake, et certainement d’autres choses. Je n’ai pas fini de suivre les aventures d’Alain Dister, et d’autres bouquins m’attendent déjà au tournant. En attendant, n’oubliez pas, comme je l’ai déjà dit plus bas, c’est l’été, il fait chaud, profitez-en, souriez et aimez vous les uns (dans) les autres, tout ça, la vie est trop courte pour s’ennuyer !

Et à part ça ? J’ai passé un jour au festival médiéval de Souvigny, dans l’Allier, évènement qui m’a enchanté, et qui était un très bon moment de convivialité comme j’en désire dans l’article. Il y avait des stands de créations diverses, d’armes, de forge, de nourriture, de jeux traditionnels… Des concerts, des banquets, des danses, des animations, des démonstrations, et des bénévoles motivés habillés en costume d’époque qui faisaient des crêpes du matin au soir ! Pour les plus motivés, on pouvait aussi dormir dans un campement de fortune, entre les outils et les peaux d’animaux. Après une semaine de festivités, mes camarades affichaient une certaine mélancolie de voir poindre la fin, mais ce n’est que le signe d’une édition réussie et d’un bon moment. Merci à vous pour cette joie de vivre et à l’année prochaine !

Interlude

2010 août 3
by Lux

Je cherchais désespérément une excuse pour lâcher mes deux lolcat maison, mais finalement, je n’en ai pas besoin, faisons un interlude ! Tout ça pour dire que comme chaque année, en vacances, je rencontre une meute de chats que je photographie avec plaisir, un plaisir partagé puisque les moins timides se laissent prendre au jeu. J’en profite pour dire que je vais être baladé un peu partout ce mois d’Août, ce qui peut remettre en cause ma promesse d’articles musicaux mais pas d’inquiétude, ils arriveront ! Quand, ça reste à déterminer.

Je ne pense pas trouver un nouveau sujet brûlant à aborder pour poursuivre la voie dans laquelle j’ai lancé le blog, mais je tiens quand même à remercier ceux et celles qui ont participé aux discussions, et aussi à accueillir les nouveaux visiteurs qui seraient tenté(e)s de rester ! Bienvenue par ici, je bloggue sur un peu tout, quand j’en ai envie, j’espère vous intéresser suffisamment pour faire de vous des lecteurs réguliers.

Passez donc de bonnes vacances, et pour celles et ceux qui travaillent encore, je vous souhaite bon courage ! N’hésitez pas à me laisser un commentaire ou un mail pour une raison ou pour une autre, une proposition, un éclaircissement, une insulte ou une lettre d’amour. Je continue de regarder mes animes de l’été, mais on en reparlera plutôt dans quelques épisodes ! Vous pouvez aussi faire comme nos amis les chats sur l’image du dessous.

Garçon, la même chose qu’il y a un an s’il vous plaît

2010 juillet 31
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by Lux

En Septembre dernier, à l’occasion de la rentrée, je publiais un article en forme de rétrospective de mon expérience chez les otakus. Un an plus tard, je suis toujours là, avec autant d’impressions diverses sur ce milieu. Et récemment, il m’est apparu assez brutalement que je n’étais pas vraiment à mon aise là-dedans, pour une simple raison : trop de garçons et trop peu de filles, et une vision de la gent féminine relativement tordue et déprimante diffusée par un pan de la culture pop japonaise. Histoire de présenter rapidement la chose aux novices, je vais citer un extrait du livre Faire l’amour au Japon (Frédéric Ploton), petit bouquin rose et sympa issu de la collection Faire l’amour dans le monde. Le livre tente d’exposer en 120 pages ce qui fait la spécificité de la sexualité, de la séduction et de l’amour dans ce mystérieux pays. La phrase suivante est d’ailleurs mise en valeur sous forme de citation, ce qui est justifié car elle est très parlante :

Une fille assez quelconque peut être considérée comme « sexy » si elle adopte des attitudes physiques de gamine mal dégrossie : voix et rire haut perchés, yeux écarquillés et/ou papillonnants, pieds en dedans et genoux rentrés, mains derrière le dos, qui tente de tirer sur sa minijupe ou de cacher sa culotte. Plus la jeune femme apparaît fragile, ignorante de ce qui l’attend et néanmoins soucieuse de sa respectabilité, et plus elle constitue une tentation immédiate.

Bref : le must, c’est d’avoir l’air conne, ignorante et naïve, inutile d’essayer de tenir une conversation, sinon tu fera vite débander. Une autre source, qui vaut ce qu’elle vaut, confirme cependant le succès certain de la puérilité dans les attitudes féminines quotidiennes : le prétendre ne pas comprendre une plaisanterie vaseuse est assez priceless et montre bien que le japonais a lunettes à encore plus envie de la mettre à l’innocente ado si elle ne montre pas qu’elle s’y connaît en sexe et qu’elle va le dominer. La journaliste Agnès Giard, auteur du blog Les 400 Culs, ouvrait son livre L’imaginaire érotique au Japon avec ces mots :

(les jeunes filles) incarnent pour eux l’idéal de la séduction. On les appelle bakapoï, parce que baka signifie « stupide ». On les appelle aussi buriko (littéralement : ânesse, bourricot), parce qu’elles font tout pour en avoir l’air. Ce sont des filles très très fluor qui cultivent la mièvrerie par pure démagogie et multiplient les phrases du genre : « Yasashiku-shite, ne » (« Soyez gentil avec moi, hein ? ») avec une puérilité à laquelle peu de salary-men résistent.

Si Frédéric Ploton nous indique que des codes plus occidentaux font leur apparition, le milieu de la jpop permet de se rendre compte que l’image de la ravissante idiote est toujours en vogue. Les clips du girls band Buono! sont à ce titre très parlants, emplis de naïveté extrême et de manières de gamine de 13 ans. Pour moi, maintenir cet exemple est le meilleur moyen de conserver ce qui peut rester de domination sur les filles, que les hommes perdent petit à petit au rythme de l’évolution des moeurs. Cette attitude débile est bien évidemment très tentante : elle permet à l’homme de se sentir puissant, utile voire indispensable, en espérant très fort que personne d’autre n’est passé avant. Dans une frange de l’animation et des jeux vidéo japonais, cette tendance à la soumission se caractérise par la quantité hallucinante d’illustrations représentant les jeunes filles en train de rougir. Sur Danbooru, imageboard où se côtoient les fanarts et illustrations officielles, le tag blush rassemble 113 400 dessins.

Ce rougissement, c’est celui de la surprise, de la honte, de la gène, du corps vu dévoilé contre son gré (pour les filles), dévoilement qui devient miraculeusement consenti (pour les hommes). Dans son livre, Agnès Giard raconte l’histoire de Shume Kai, réalisateur de pornos mettant toujours les femmes en situation de honte et d’inconfort : sexe en public, insultes… Les femmes qui n’ont pas de honte manquent de subtilité, dit-il, une optique qui pousse ses actrices à être traumatisées par la violence qu’elles subissent. Gênée en permanence, la femme ne pourra jamais prendre en main sa sexualité, et encore moins sa vie. Le rougissement peut être considéré comme mignon, voire moe, la passion de la gène, de l’ignorance, de la maladresse et des culottes à petits ours.

Toujours sur l’animation, et les otakus spécifiquement, l’utilisation des personnages de soubrettes dans certaines séries a mené à l’ouverture des maids café, où les clients sont accueillis par de souriantes et dociles jeunes filles, chargées de les servir et de discuter avec eux. Cette nouvelle tradition arrive peu à peu en France notamment dans les conventions, à Lyon, l’association Lyon Hoshi propose un coin snack avec serveuses habillées en maids. Pour moi, la reprise de ce genre de délires pose question : est-ce du simple mimétisme pour se croire au Japon pour rigoler ? Ou ne devrait-on pas laisser les coutumes japonaises borderline prospérer sur place plutôt qu’ici ? Les codes japonais n’ont rien d’innocent et soutiennent un modèle décérébrant dont la portée n’est semble t’il pas toujours comprise. Alors oui, les maids, c’est sex, comme les étudiantes, comme les filles qui rougissent, etc., etc. : je suis le premier à le penser, et sachant que l’hypocrisie tue des chatons, je devais le dire à un moment ou un autre. Cependant, ça va mollo, avec modération, mais en faire des modèles de féminité, faudrait quand même pas déconner. Parce que c’est une régression énorme et la version « pop » de schémas que les féministes ont bien fait de combattre, et aussi parce que, non, vous ne pourrez pas passer votre vie à rêver d’avoir une maid chez vous. Décalage et incompréhension, c’est ce que je ressens face à cet univers qui, au moins, ne cesse de me surprendre, ce qui évite l’ennui. Ceux qui me connaissent seront certainement surpris de voir un prétendu amoureux d’étudiantes en fleurs comme moi faire autant sa mijaurée : je leur répondrai qu’il y a des prises de conscience qui viennent sans qu’on s’y attende, et qu’une overdose n’est jamais prévisible. Je ne me sens pas à l’aise dans un monde autant dirigé par la frustration, qui passe par les héroïnes débiles, les figurines à poil, l’obsession des pantsu et que sais-je encore. Plus le temps avance, et plus je me rends compte que ma fascination pour le Japon est égale à ma répulsion pour ses trop étranges spécificités.

Où sont les filles dans ce bourbier ? Comment vivent-elles cette image ? Parfois, je me le demande, tant j’ai l’impression qu’elles ne servent que de faire-valoir à cosplayer en meido ou en school swimsuit, et qui devront se faire aux remarques sur leurs seins (ou leur absence, c’est selon), leur moe-level et sur combien tout le monde rêve de les voir en sous-vêtements roses à petits noeuds. N’avons-nous pas mieux à montrer comme exemple que cette image de meute assoiffée ? A vrai dire, plutôt que de faire des suppositions, j’aimerai inviter les filles à parler de comment elles perçoivent tout ça, de ce dont j’ai parlé dans l’article à certains éléments récurrents de la production animée qui cantonnent les filles dans des rôles bien précis. Et comment elles se sentent considérées par leurs camarades, dans cet univers a majorité masculin. Et, entre deux commentaires de Drig sur les otakus solitaires, les garçons ont même le droit de m’insulter, mais vous savez, malgré tout, je vous aime quand même… Il y a juste des moments où l’on sent qu’il est temps de prendre ses distances.

Bon, sinon, cette année a aussi eu ses bons moments, comme l’augmentation des visites sur le blog même si les articles relatifs aux animanga ont tendance à stagner. Je ne sais pas si ça ira en s’arrangeant, vu que j’ai décidé de me consacrer pour l’instant aux articles musicaux, car cet univers m’inspire plus d’espoir et d’affection. Et n’oubliez pas, car je ne le rappelle pas assez souvent, que vous pouvez me retrouver sur IRC, sur le chan #beyond, en vous connectant au réseau irc.nanami.fr. Sûrement moins la semaine à venir, car je serai en vacances, mais même sans moi, vous ne serez pas seuls. A bientôt, alors !

Et à part ça ? Le groupe kawaï-trash The Birthday Massacre dont j’avais parlé en long et en large sur un précédent blog, met en ligne des extraits du prochain album Pins and Needles, disponible le 14 Septembre prochain. Et là, attention, car il faut suivre : les bouts de chanson en question sont à écouter sur leur MySpace, puis VampireFreaks, Reverbnation, et enfin la page Fan Facebook. Certainement une façon de ne pas avantager les membres d’un site par rapport à l’autre ; toujours est-il que les extraits sont encourageants et promettent encore une fois du gros. Viva Chibi !